MUBI.

Les trois mois à venir vont être hardcore financièrement, il n’y a aucun doute là-dessus. Mon incapacité à tenir un budget couplé à ma tendance fâcheuse à vivre au-dessus de mes moyens m’obligent à mettre certaines passions de côté pour en privilégier d’autres, faute de ressources suffisantes.
Ce mois-ci, c’est le cinéma qui en pâtit. Pas moyen d’alléger mon panier amazon qui ne cesse pourtant de croître, c’est la mort du septième art dans mon salon. Mon éternel idéalisme m’empêche toujours de télécharger quoi que ce soit, préférant mourir bête plutôt qu’ingrate, la pénurie de la culture a donc progressivement pris possession des lieux pour une période indéterminée qui me semblait déjà trop longue.
C’est la semaine passée au détour de quelques clics complètement hasardeux que le manque a pris fin lorsque Mubi a pointé le bout de son nez dans mon navigateur au milieu de nulle part.

Le concept est assez simple: pour 4 euros par mois (moins si vous prenez à l’année), vous avez une trentaine de films dans des registres que je qualifierais de classiques et indie que vous pouvez visionner pendant une période de 30 jours. Chaque jour un nouveau film fait son apparition supprimant par la même occasion celui en bout de file, renouvelant ainsi progressivement la sélection proposée.
C’est une idée qui m’a tout de suite séduite pour plusieurs raisons, à savoir d’abord l’aspect « limité » des films proposés. Je fais partie de ces personnes qui lorsqu’elles rentrent dans un magasin avec trop de choses qui lui plaisent, repartent finalement sans rien, incapables de choisir. Dans le cinéma, c’est pareil, j’aime l’espace réduit des nouveautés à la vidéothèque, le programme cadenassé des projections à la cinémathèque qui me permettent de repérer ceux qui m’intriguent et de me décider rapidement sans crouler sous l’incertitude.
Avec le système de Mubi , je suis aussi « obligée » de piocher dans la sélection proposée et de m’intéresser à des choses pour lesquelles je ne témoignerais pas spécialement beaucoup d’intérêt au départ, et ça c’est excellent pour la culture générale et quand on aime être agréablement surpris. Du court-métrage primé à Cannes dont je n’ai jamais entendu parler, au documentaire sur le chanteur d’un groupe gitan atypique, aux épisodes de la série de Lars Von Trier, le site propose un pot pourri merveilleux du cinéma parfois culte, parfois caché.
Le mantra de Mubi c’est donc en quelque sorte de viser la qualité plutôt que la quantité. Est-ce pour autant un label mérité? Je n’ai vu que deux films par ce biais jusqu’à présent donc c’est un peu faible pour juger, mais étant donné qu’ils m’ont tous les deux bouleversée, j’estime qu’on est en bonne voie, et que c’est carrément le meilleur investissement que j’ai fait ce mois-ci. En effet, de l’émotion brute pour trois euros par mois, qui dit mieux?


Le premier que j’ai vu est Hunger de Steve McQueen qui m’a tellement perturbée qu’il m’a beaucoup suivie les quelques jours après son visionnage. Évoquant la grève de l’hygiène et de la faim dans le milieu carcéral en Irlande dans un contexte politique bien spécifque, c’est l’un des films les plus marquants que j’ai vu depuis un bon moment avec un Michael Fassbender maigri de 14 kilos pour les besoins du rôle.
Son extrême maigreur m’a rappelé sur le moment un artiste sur lequel j’étais tombé dans les rayons de la Fnac lorsque j’avais 18 ans. Le livre avait provoqué en moi ce drôle de mélange de fascination et de répugnance, développant ce besoin oppressant de le posséder à tout prix pour en explorer la totalité du contenu. Mais le coffret coûtait une centaine d’euros à l’époque, une véritable fortune pour moi. Je vérifiais alors toutes les semaines qu’il n’était pas parti, me rendant enfin le premier jour des soldes avec mes maigres économies dans le but de profiter des -50% et de ramener enfin le trésor chez moi.

Mais quelqu’un avait bien sûr été plus rapide que moi laissant l’étagère vide. Alors face à mon immense frustration, je me suis empressée d’aller le commander chez le vendeur en espérant pouvoir demander gentiment à ma mère de quoi me le payer prix plein. J’ai appris avec horreur qu’il n’était malheureusement plus édité et que l’exemplaire envolé était le dernier disponible.

Aujourd’hui, je me suis dit qu’avec un salaire en poche et 10 ans plus tard, il y aurait sans aucun doute un exemplaire en seconde main que je pourrais me procurer pour une bouchée de pain, ou que la production de cet ouvrage avait certainement dû reprendre entre temps. J’habite au deuxième étage, le fait est que lors de ma recherche j’en suis tombée de trois:

Allez tiens, prends bien ça dans ta face. Le prochain qui me dit encore que je devrais réfléchir d’avantage avant de m’acheter certaines choses impulsivement est un idiot complet.

Le deuxième film que j’ai vu est About Schmidt avec Jack Nicholson que j’ai toujours évité puisque je l’ai classé immédiatement dans la catégorie du « énième film potache pour sexagénaire qui semble être le registre de prédilection de l’acteur depuis ces 10 dernières années et dont j’ai eu ma dose« , à tort. Une crise de larmes incontrôlable m’a saisie à la fin et c’est assez spectaculaire dans le sens où je ne sais plus quand un film m’a fait pleurer pour la dernière fois. Encore moins de larmes aussi violentes et sincères.

Mubi a cependant un bémol jusqu’à présent selon moi, ce sont les sous-titres. Le site fonctionne selon un système de géolocalisation qui définit les options de traduction selon le territoire auquel vous vous trouvez, et en Belgique en pays scindé et incertain, c’est le bordel.

En effet,la plupart des films ont une option francophone, mais ce n’est pas toujours le cas et d’autres ne possèdent parfois que le néérlandais ou l’anglais. Ayant un niveau correct en anglais je peux généralement m’en passer sans problème, mais quand c’est un film danois ou coréen, ça devient plus compliqué d’essayer de suivre quand on ne maîtrise pas suffisamment la seconde langue nationale. Je présume que le problème ne se pose pas vraiment dans d’autres pays, néanmoins la personne du site que j’ai contactée m’a informée que la plateforme souhaitait dans un futur proche pouvoir offrir la possibilité de choisir n’importe quelle traduction mais qu’à cause de problèmes de droits ce n’était malheureusement pas encore effectif.

Bref! Pour faire court: je trouve Mubi fabuleux. Dans ma routine matinale des sites que j’aime consulter sans relâche pour démarrer ma journée, celui-ci se rajoute à la liste. J’éprouve toujours un certain empressement à découvrir le film du jour en espérant avoir une bonne surprise à regarder le soir.
Si jamais certains d’entre vous sont intéressés, il y a un essai de 7 jours gratuits pour voir si cela vous plaît. Il semblerait cependant que si vous passez par moi, vous en obtenez 30 avant de voir si vous voulez continuer. Il suffit de cliquer sur le gif ci-dessous pour profiter de l’offre:

A bon entendeur,salut!

Publier un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués par le symbole *.

6  commentaires

  1. ah oui, David Nebreda est un artiste particulier, il m'avait interpellée parce qu'il est très myope et refuse de porter des lunettes… forcément…

    je l'avais découvert via le site d'une connaissance bordelaise qui a un passion plutôt atypique et qui pourrait (peut être) t'intéresser..
    http://www.davidbrocourt.com/

    sinon, on me parle beaucoup de netflixe en ce moment… peut-être que ça peut te plaire, pour Mubi, tu piques ma curiosité en tout cas !

    1. Ah tiens je ne connaissais pas du tout cet aspect de lui ! (entre les grèves de la faim, les mises en scène fécales et les amputations…)

      Intéressant le site de ton ami! (et encore un David ;-))

      Je ne suis pas trop intéressée par Netflix. Celui de Belgique n'est apparemment pas très foisonnant, et l'américain l'est trop! C'est notamment pour ça que je me suis tournée vers Mubi qui me parle beaucoup plus, ça ne met pas les séries fast food en avant ou les blockbusters bien gras, je trouve leur concept et leur sélection beaucoup plus inspirée.

      Mais bon les goûts et les couleurs…

    2. oui, il est assez particulier.. c'est clair que ses compositions graphiques et ses choix de vie personnelle sont assez… intenses.

      pour netflix, je ne connais pas trop non plus, on m'en parle de çi de là un peu tout le temps en ce moment… ce qui est sûr c'est que ton lien est moins cher et semble effectivement mettre plus en avant des films particuliers et hors normes… ça me tente bien en tout cas.. et puis quelques euros par mois, c'est franchement pas la ruine !

  2. Si tu es tentée, rien ne t'empêche de cliquer sur le gif et de profiter du site pendant 30 jours gratuitement! C'est sans engagement, et comme ça tu peux voir si cela te plaît ou si tu trouves la élection nulle et le concept pas à ton goût :)

  3. Hey, comment vas tu ?

    je me demandais si tu avais vu Whiplash, l'ayant regarder hier soir, et m'étant pris une grosse claque j'avais envie d'en parler, de partager avec d'autres. =) d'ailleurs j'ai écris quelques lignes à ce sujet sur mon blog.

    bises

    1. Oui j'ai vu Whiplash, mais je ne l'ai pas aimé tant que ça. Tout était très bien, j'ai par contre un gros problème avec le message de fond qui va à l'encontre de toutes mes convictions, je n'aime pas cette apologie du "coup de fouet pour avancer", la fin m'a complètement horrifiée.