SUMMER DIARIES #5: COPENHAGEN, TAKE TWO.

Je pensais que revenir à Copenhague en été rendrait sans doute la ville plus charmante. Pas du tout. Le temps abominable lors de notre week-end sur place n’a pas aidé, c’est la première fois de ma vie que j’ai dû acheter en vacances un parapluie et un horrible poncho en plastique dans un magasin d’appoint pour éviter de chialer du début à la fin et ne pas me noyer dans la météo danoise. Avec la Norvège comme première étape et donc un budget bien plus serré que la première fois, je me suis aussi rendue compte pour de bon que la ville était scandaleusement chère lorsqu’en cherchant un endroit pour loger, j’ai découvert qu’une chambre en auberge de jeunesse demandait…100 euros la nuit.

J’ai voulu faire un premier essai via Airbnb en espérant trouver une option moins onéreuse. Leur processus de reconnaissance de carte d’identité étant de la merde et n’ayant pas de compte Facebook, ce fût la croix et la bannière pour s’inscrire, et après y être enfin arrivée, les locataires ont tous rejeté consécutivement mes demandes sans raison apparente. Faire un speech argumentaire sur ce site pour être acceptée dans un logement m’a donné l’impression de faire dans la prostitution et en plus d’être refoulée probablement pour délit de sale gueule m’a dégoûtée et je n’y remettrai plus jamais les pieds.

Même si la magie de la ville n’a toujours pas opéré de mon côté, j’ai commencé néanmoins à y voir quand même quelques points positifs. Passée ma déception d’il y a 6 mois, je me rends compte finalement que ces deux voyages dans la capitale danoise ont révolutionnés bien des aspects dans mon existence que je vais creuser un peu par ici histoire de ne pas faire dans le négatif mais dans la positivitay.

Photos de Höst de l’excellent blog culinaire Unfolded.

Je ne parle jamais vraiment de nourriture sur ce blog parce que je ne veux pas trop m’enliser dans cette catégorie virtuelle de « bons plans bouffe que 3 milliards de personnes ont déjà évoqués ailleurs auxquels je n’apporterais rien de plus », mais il faut dire que Copenhague s’est incroyablement distinguée en qualité culinaire. Chaque jour était une véritable claque en matière de nourriture, ma dernière visite a modifié pour toujours mon approche du petit-déjeuner, et chaque restaurant dans lesquels nous nous sommes aventurés lors de nos passages étaient tout simplement exquis. L’apothéose a été atteinte à mes yeux lorsque nous sommes allés manger chez Höst, un restaurant gastronomique au look industriel et rural aux menus multi-passages et à la présentation exceptionnelle.

Le deuxième point qui a métamorphosé mon existence après mon passage dans la capitale danoise, c’est le design d’intérieur. Quand je suis rentrée de mon voyage la première fois, j’ai tout jeté chez moi. J’ai cassé des canapés, roulés les tapis persans de ma grand-mère que j’ai expédiés à tout jamais à la cave, et revendu les trois quarts de mes possessions pour les remplacer par des nouvelles. En passant devant les vitrines des magasins, en constatant l’agencement des restaurants et en observant un certain type de mobilier scandinave, un déclic monstrueux s’est produit dans ma tête, alliant enfin une vision mature et adulte de mon espace de vie et l’optimisation que j’espérais y créer. Depuis moins d’un an, l’intérieur de mes murs s’est transformé en un énorme work in progress tirant beaucoup de mon inspiration de mes voyages dans le nord, et je commence petit à petit à en voir le bout.

Touret luminaire dans la maison de Sophie Cirotteau-Dairaine.

La fois passée j’ai beaucoup axé mon changement au niveau des meubles, cette fois-ci, je me suis un peu plus attardée sur les luminaires. Tous les commerces danois ou presque possèdent un type d’ampoule bien particulier à l’allure rétro qui leur donnent une atmosphère chaleureuse et confinée qui m’a tout de suite séduite. J’ai d’ailleurs commandé quelques globes lumineux lorsque nous sommes rentrés la première fois, mais l’effet n’était pas du tout le même. C’est en mangeant au Mad Mad Mad Bodega que j’ai demandé lors de l’addition où je pouvais trouver exactement le même exemplaire que celles qui se trouvaient au-dessus de ma tête. La patronne amusée par ma demande m’a conseillée d’aller voir au « Magasin du Nord » et j’ai compris sur place que j’avais ignoré le wattage dans toute cette histoire et que la qualité du résultat dépendait sans doute de ça. J’étais déjà en train d’embarquer sous mon bras une dizaine de boîtes Edison avant de percuter que tout ce verre ne passerait jamais les contrôles à l’aéroport en remerciant une fois de plus la déité Interneta d’exister.

Quelques semaines après avoir déniché les bonnes références, je tombe sur un reportage intéressant de La maison France 5 qui clôture pour de bon le projet qui se formait doucement dans ma tête. Je découvre ce qu’est un touret via une nana fabuleuse qui en a reconverti un exemplaire en luminaire de plafond et en quelques clics j’en trouve un pour une bouchée de pain dans les profondeurs de la Belgique pour plagier l’idée de génie sans aucun scrupule. Il n’y a plus qu’à forer et circuiter. Si dans le futur vous constatez que ce blog n’est plus updaté pendant plusieurs mois c’est que le plateau s’est décroché du plafond et que je gis assommée et inconsciente dans ma cuisine. J’ai déjà une épitaphe fabuleuse au cas où : »…encore une idée lumineuse signée Aleks Crément« .

Et puis enfin, oeuf corse, le tatouage. On a avancé beaucoup plus vite sur mon bras que ce que j’aurais imaginé, une constatation qui semblait nous étonner tous les deux, le tatoueur et moi, mon corps absorbant l’encre comme un buvard. Le-bras-qui-était-censé-se-faire-en-5-séances pourrait finalement se clôturer lors de la prochaine session, moyennant 10 bonnes heures de travail. Aouch. Je pense déjà à ce que j’aimerais faire au niveau du décolleté, même si je ne suis plus vraiment sûre que Peter s’en chargera. En parlant à nouveau avec lui j’ai appris qu’il disait non à 80% des demandes ou qu’il les déviait chez d’autres tatoueurs, et que certains jours il avait parfois jusqu’à 50 nouveaux clients qui se manifestaient dans sa boîte mail. J’ai carrément sous-estimé la chance que j’avais et maintenant j’ai un peu peur d’abuser de son temps précieux. Je demanderai gentiment la prochaine fois si je peux prendre de nouveau rendez-vous en espérant entendre un oui.

Sinon, chouette nouvelle, il semblerait que ma prochaine (et peut-être dernière…?) séance avec Peter ne se fasse pas au Danemark mais…à Athènes, sur un coup de tête de sa part. Cela fait bien 10 ans que je n’ai plus mis les pieds en Grèce, je suis bêtement emballée à l’idée de changer de décor et de voir où je vais bien pouvoir tomber, même si le souvenir que j’ai de la capitale grecque n’est malheureusement pas fantastique. Une grande partie de mon entourage a malheureusement confirmé que leur propre voyage n’était pas des plus plaisants et que tu mangeais de la pollution matin, midi et soir au point qu’un t-shirt blanc porté sur place devenait noir en quelques heures. Je pense néanmoins pouvoir trouver de quoi suffisamment faire pour me distraire de cette idée et en faire quoi qu’il en soit un voyage enrichissant…Wait and see.


Si la zone de la poitrine se fait toujours à Copenhague, ce que j’espère du plus profond de mon coeur, j’envisage aussi de découvrir le reste du Danemark un peu comme nous l’avons fait pour la Norvège. Le pays a l’air de regorger d’endroits magnifiques chargés de nature et d’héritage dans les zones plus reculées, à l’écart de la ville, et c’est probablement là que j’ai d’avantage envie d’être. Je vous laisse avec « la vidéo la plus relaxante du monde » tournée dans le Danemark sauvage qui confirme mes dires et conclut cet article en beauté…

…et avec quelques images de la Norvège qui me manque déjà terriblement.

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8  commentaires

  1. Ohhh, the last video is amazing! Haven't seen it before, so thanks for sharing it! *-* (They speak Swedish by the way) ^^

    1. Thanks for telling, I wouldn't have noticed!

  2. Waouuh, ton article, m'a énormement plue, je suis comme toi j'aime le design et la pureté des meubles scandinaves. Je reve d'un loft avec que des materiaux brut : bois et metal.avec une pluie de magnifique vegetaux, cactus, plantes grimpantes/tombantes, succulentes etc … En attendant je me contente de mon appart :D c'est déjà beau !

    En tout cas, ton article me donne envie d'aller a Copenhague. vraiment, peut être car je suis admirative devant le taf de Nicolas Winding Refn qui est danois, et originaire de Copenhague, bref, cette ville m'attire, mais avant tout ça je voudrais refaire Amsterdam, et la belgique aussi c'est moins loin, puis j'aimerai vraiment mettre un pied à Doel avec mon longboard et mon appareil photo ça doit etre terriblement géant !

    Merci pour ce partage ca fait du bien de s'envoler un peu, surtout avec la pluie battante !

    1. Haha, on semble avoir une vision assez similaire de l'intérieur dans ce cas, sans les plantes de mon côté, tout ce qui est vivant est condamné à mourir chez moi ;-)
      J'espère que tu pourras faire tous les voyages que tu souhaites :) !

  3. Bonsoir Aleks,

    Je suis en train de lire "Le jour des Fourmis" (enfin, il me reste 30 pages, bouh) et j'ai lu ce matin une phrase qui m'a fait penser à tes voyages :

    "La plupart des grandes épopées humaines se sont accomplies d’est en ouest. De tout temps, l’homme a suivi la course du soleil, s’interrogeant sur le lieu où s’abîmait la boule de feu. […]. Partir vers l’ouest, c’est vouloir connaître le futur. Cependant, si certains se sont demandé où allait le soleil, d’autres ont voulu savoir d’où il venait. Aller vers l’est, c’est vouloir connaître les origines du soleil mais aussi les siennes propres. […] Dans la symbolique des aventuriers, il reste encore deux directions. En voici la signification. Aller vers le nord, c’est chercher des obstacles pour mesurer sa propre force. Aller vers le sud, c’est rechercher le repos et l’apaisement."

    C'est la symbolique du Nord qui m'a fait penser à toi.

    Mon copain est déjà allé à Copenhague avant notre rencontre et veut m'y emmener mais c'est bizarrement une destination qui ne m'attire pas énormément et ton article confirme mes doutes (surtout qu'on voyage un peu trop souvent à mon goût en mode "fauchés"…).

    En tout cas, ton année aura été bien chargé en périples, c'est vraiment chouette pour toi (et pour nous aussi vu que tu les partages si bien par ici, ça fait découvrir des lieux par procuration)

    Biz'

    .

    1. Hello Musti!
      Ouhh, les lectures de Bernard Werber de mon côté remontent à très loin! Je suis assez charmée par l'explication de Bernard Werber et crois comprendre ce qu'il veut dire par là, mais je ne suis pas sûre d'être d'accord. Mon entourage se rue sur les mêmes destinations dans le sud année après année et semble horrifié par ma tendance à prendre la direction opposée, je ne pense pas pour autant que mes vacances soient moins reposantes à cause de sa position. De mon côté les plaines vides et les forêts ont plus de sérénité à offrir que les plages bondées d'Espagne, mais ce n'est que mon opinion. Donc en surface je peux comprendre que le Nord soit considéré comme "une épreuve" pourtant dans le fond je crois que c'est tout le contraire…

      Je voyage malheureusement avec un budget trop limité à mon goût, je regrette fréquemment de ne pas pouvoir rapporter une foule de souvenirs et de profiter jusqu'au bout, d'autre part le mode camping a changé beaucoup de mes à priori en bien et la dèche a son lot de surprises intéressantes. Je me promets à chaque fois de mieux me préparer pour mes prochains déplacements, mais la veille bizarrement toutes mes économies ont disparu, l'argent me brûle les doigts!

      Oui, quand je jette un regard en arrière je suis un peu abasourdie par la foule de choses que je me suis infligées cette année! Je ne bouge plus de Belgique jusqu'à la fin de l'année heureusement, même si j'ai dû me contenir pour ne pas prendre des tickets pour Mgla à Cracovie :(

      Des bisous!

  4. Voila, BRAVO, Grâce à ta vidéo la plus relaxante du monde, je ne sais plus du tout ce que j'allais dire par rapport à ton article, tu m'as lavé le cerveau, Bravo, bravo!

    Je crois que j'évoquais vaguement une fois de plus mon amour des catalogues de décorations d'intérieur épuré rustique et nordique et que j'appréciais ce petit coté industriel et rural du restaurant Höst ou tu es allé manger. C'est simple, si j'avais le temps et les moyens je me ferais une méga bibliothèque avec d'anciennes caisses à vins en guise d'étagères (ça urge, mes bibliothèques Billy dégueulent des livres par dizaines) et des meubles avec des palettes en bois.

    Je revois cette vidéo sur le meatshop, que je crois avoir déjà visualisé sur leur site si mes souvenirs sont bons et je réalise à quel point j'ai envie de me faire des dizaines de tatouages, d'ornements aux motifs celtiques, d'énormes corbeaux dans le dos, d'Yggdrasil majestueux des reins jusqu'à la nuque, mais je suis assez flippé du coté irréversible de telles choses. J'entend encore mon énergéticienne qui me dit que la circulation des énergies s'en trouve inquiétée et que je n'ai pas envie de galérer deux fois plus à trouver un équilibre dans mon corps. Donc je nourris une frustration constante ce qui m'amène à me dire que je vais finir par être flippé de tout en attendant de pouvoir vivre ma vie: voyages, tattoos, rêves…
    Je constate que tu voyage depuis des années et que c'est devenue un peu comme une seconde nature pour toi, c'est édifiant et inspirant, je t'assures, je t'envies tellement, non pas de jalousie ( sentiment que j'apparente à la mesquinerie plus qu'autre chose) mais d'un véritablement engouement pour tout ce que tu nous fais partager, au gré de tes petits bonheurs, de tes déceptions, tes surprises ou encore des rencontres avec des personnes uniques et entières à leur manière.

    Ah, j'espère franchement que tu ne vas pas mourir à cause d'une stupide ampoule, ton blog me manquerai trop et j'aimerai franchement te rencontrer avant que tu ne claques bêtement ^^

    1. J'ai quelques vieilles caisses à vin que j'ai récupérées dans la cave de mon travail, et trouvé une adresse où récupérer des toilettes gratuitement, tu n'es pas la seule adepte du vieux bois par ici :)! J'ai aussi une bibliothèque Billy, j'ai acheté des caisses Tjena pour tout ranger et limiter l'aspect poussière/bordel dans tous les sens. Il paraît que j'ai un look "morgue/ou caisses de preuves policières", les deux me conviennent ;-)

      Je crois que le tatouage est effectivement un gros morceau à digérer physiquement! Certains jours de fatigue extrême sans que j'y trouve de raison apparente, certains me rappellent que je me suis fait encrer comme une dingue cette année et que peut-être c'est un aspect à prendre en compte, avant de percuter que oui, je me surestime peut-être au niveau guérison et qu'il y a sans doute des séquelles invisibles dont mon corps doit se remettre…

      Merci d'accorder de l'importance à mes rapports de voyage, avec toi je sais qu'ils ne sombrent pas dans le néant…